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Pierre Chevalier
2400, ave. d'Estimauville
Beauport (Québec)
G1E 7G9
(418) 666-7000, poste 456
15 juillet 2002
Pour obtenir ce rapport:
quebec.slv2000@ec.gc.ca
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Risques à la santé publique
découlant de la présence de cyanobactéries
(algues bleues) et de mycrocystines
dans trois bassins versants du sud-ouest québécois
tributaires du fleuve Saint-Laurent
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| Profilération
avec écume à l'exutoire du lac Brome |
Chevalier, P. R. Pilote et J.-M. Leclerc
2001. Risques à la santé publique découlant
de la présence de cyanobactéries (algues bleues) et
de mycrocystines dans trois bassins versants du sud-ouest québécois
tributaires du fleuve Saint-Laurent. Unité de recherche
en santé publique (Centre hospitalier de l'Université
Laval) et Institut national de santé publique, 151 p.
Résumé
Dans un contexte d'évaluation du risque à la santé
publique, ce projet avait pour but d'effectuer un relevé
de la présence de cyanobactéries (algues bleues) et
de leurs toxines dans trois bassins versants du sud-ouest de la
province de Québec. Ces bassins ont été sélectionnés
en fonction 1) de données climatiques et géographiques
(température moyenne estivale, localisation) 2) de leur
vulnérabilité à la pollution par le phosphore
3) de leur utilisation comme source d'approvisionnement en
eau potable ou pour des activités récréatives
à contact primaire (baignade, ski nautique, etc.).
Les quatre principaux
cours d'eau du bassin de la Yamaska (Yamaska, Yamaska Sud-est, Yamaska
Nord et Noire) ont été échantillonnés
compte tenu de l'importance des activités agricoles, industrielles
et des rejets municipaux susceptibles d'engendrer notamment une
pollution par le phosphore. La présence de prises d'eau approvisionnant
six importantes municipalités (plus de 100 000 personnes
desservies au total) et quelques lieux de baignades très
fréquentés ont fait en sorte que ce bassin a reçu
une attention particulière, étant échantillonné
quatre fois. Par ailleurs, la portion aval du bassin de la rivière
L'Assomption a fait l'objet de deux séries d'échantillonnage.
Ce secteur a été choisi parce qu'il est le plus pollué,
que cinq municipalités y puisent leur eau brute dans trois
rivières du bassin (L'Assomption, de l'Achigan et Ouareau)
ainsi qu'en tenant compte d'un usage récréatif pouvant
engendrer certains contacts avec l'eau. Finalement, compte tenu
de sa localisation méridionale, de la présence d'activités
agricoles intensives et d'un important potentiel récréatif
(largement sous-utilisé à cause de la pollution),
le secteur aval de la rivière Châteauguay (rivières
Châteauguay et des Anglais) a été visité
à deux reprises. Toutefois, aucune municipalité n'y
puisait son eau brute.
Des échantillons
ont été prélevés entre la fin de juillet
et le milieu de septembre de l'année 2000 afin d'identifier
les cyanobactéries et les cyanotoxines, plus particulièrement
l'anatoxine-a (neurotoxine) et quatre types de microcystines (hépatotoxines).
Les cyanobactéries ont été identifiées
à l'espèce et énumérées au microscope
à contraste de phase. Les toxines ont été identifiées
et quantifiées à l'aide de la chromatographie liquide
à haute performance, couplée à la spectrométrie
de masse.
Les résultats
n'ont pas démontré la présence d'un risque
notable en ce qui concerne la concentration des toxines libres dans
l'eau, tant brute que traitée, ou dans les zones de récréation.
Les plus fortes concentrations de microcystines dans l'eau traitée
et les zones de baignade étaient au moins 100 fois inférieures
au critère provisoire de Santé Canada (1,5 µg/L
pour la microcystine-LR, la seule cyanotoxine ayant fait l'objet
d'une caractérisation du risque au Canada). La plus forte
concentration de microcystines (près de 0,9 µg/L)
a été retrouvée dans l'eau brute de la rivière
Yamaska près de la prise d'eau de St-Hyacinthe; dans l'eau
traitée les microcystines étaient cependant non détectables
à cette période (inférieures à 0,1 mg/L).
En ce qui concerne
la présence des cyanobactéries considérées
toxiques, des espèces de plusieurs genres (Anabaena, Aphanizomenon
et Microcystis) ont été systématiquement identifiées
dans l'ensemble du bassin de la Yamaska, alors qu'elles étaient
absentes des deux autres bassins versants. Dans les zones récréatives
de ce bassin, les densités de cyanobactéries toxiques
étaient faibles dans le réservoir Choinière
et le lac Brome. Par contre, la plage municipale du lac Waterloo
se serait avérée impropre à la baignade à
chacun des échantillonnages, le nombre d'espèces toxiques
variant de 110 000 à 406 000 cellules/mL.
Cette interprétation est basée sur le seuil provisoire
de 20 000 cyanobactéries/mL fixé par l'OMS. Cette
organisation suggère cependant la prise en compte de l'ensemble
des cyanobactéries et non seulement de celles reconnues pour
la synthèse de toxines spécifiques (neurotoxines et
hépatotoxines). Dans ce contexte, toutes les zones récréatives
visitées à l'été 2000 dans le bassin
de la Yamaska (lacs Brome et Waterloo ainsi que le réservoir
Choinière) auraient été qualifiées d'impropres
à la baignade à plusieurs reprises, avec des concentration
de cyanobactéries totales variant de 40 000 à
630 000 cellules/mL.
En conclusion,
cette étude suppose l'absence apparente de risque à
l'égard des cyanotoxines dans l'eau de consommation et de
baignade dans le bassin de la Yamaska, mais un risque potentiel
en ce qui concerne la pratique d'activités nautiques à
contact primaire. Un suivi plus systématique des zones sensibles
aux proliférations de cyanobactéries pourrait permettre
de mieux cerner ce risque qui est susceptible de varier d'une année
à l'autre en fonction des conditions météorologiques
et environnementales.
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