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Surveillance
des cas d'intoxication
liés à la consommation des
mollusques du Saint-Laurent

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DIAPASON
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La consommation des moules
du Saint-Laurent : un réseau de surveillance
bien établi en vue de réduire lexposition
de la population à ce produit.
Un programme de suivi
de létat de lécosystème du Saint-Laurent
est mis en place dans le cadre de la phase III
de SLV 2000. Dix-huit indicateurs crédibles
sur le plan scientifique sont retenus, dans un
premier temps. Il sagit de mesures ou de
statistiques fournissant de linformation
sur des caractéristiques du Saint-Laurent.
Le Comité ZIP Alma-Jonquière
simplique dans la restauration de la rivière
Bédard, cours deau traversant la plaine
de Saint-Bruno et dHébertville-Station.
Une expertise mise à profit outre-mer. |
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La
cueillette artisanale de mollusques dans l'estuaire et le golfe
du Saint-Laurent est une activité traditionnelle pratiquée par
plusieurs riverains. Malgré l'existence de programmes de surveillance
des algues et des mollusques toxiques, des cas d'intoxication
liés à la consommation des mollusques sont déclarés, chaque
année, au Québec. Dans le cadre du domaine d'intervention Santé
humaine de Saint-Laurent Vision 2000 (SLV 2000), l'Unité
de recherche en santé publique du Centre hospitalier universitaire
de Québec (CHUQ) a mis en uvre un projet visant à favoriser
la détection des cas d'intoxication et à diminuer les risques
pour la santé des consommateurs de mollusques.
La
cueillette des mollusques est pratiquée sur les deux rives du
Saint-Laurent, à partir de l'île aux Coudres sur la rive nord
et de Saint-Roch-des-Aulnaies sur la rive sud, ainsi que dans
la baie des Chaleurs et aux îles de la Madeleine (carte
PDF). Cette activité n'étant pas réglementée, il
est difficile d'en tracer un portrait réel et de préciser, par
exemple, le nombre de cueilleurs ou les secteurs les plus fréquentés.
Cependant, pour la seule région de Baie-Comeau, on estime que
plus de un millier de personnes s'adonneraient à la cueillette
artisanale des mollusques.
(Voir
résumé du rapport (format
PDF) Analyse
du risque chimique et microbiologique lié à la consommation
de mollusques cueillis de façon artisanale dans la ZIP de Baie-Comeau.)

La
cueillette des mollusques ne se pratique pas n'importe où!
Les
secteurs où les cueilleurs peuvent récolter des mollusques propres
à la consommation sont aujourd'hui devenus très rares. Par exemple,
à l'été 1999, la cueillette a été interdite sur 449 des
quelque 525 secteurs coquilliers recensés au Québec, tandis
que cinquante-six secteurs étaient classés ouverts et que vingt
autres l'étaient sous certaines conditions.
(Informations
concernant les secteurs de cueillette de mollusques.) Hyperlien
conduisant au bas de la page. Informations de Pêches et Océans
Canada.
Cette
situation est en grande partie attribuable à la contamination
bactériologique des eaux de l'estuaire et du golfe. Elle résulte
aussi de la présence d'algues microscopiques toxiques qui sont
en émergence, en plusieurs endroits du Saint-Laurent, entre
juin et septembre. Ces toxines sont filtrées et accumulées par
les mollusques, ce qui a pour effet de rendre ceux-ci impropres
à la consommation.

Marée
rouge dans le Saint-Laurent

Alexandrium tamarense, une algue microscopique
toxique.
Occasionnellement, les concentrations dalgues toxiques
deviennent assez élevées pour donner une coloration rougeâtre
à leau.

Un
réseau de surveillance bien établi
Environnement
Canada est responsable de l'évaluation de la qualité bactériologique
de l'eau du Saint-Laurent. C'est d'ailleurs suite à ses recommandations
que le ministère des Pêches et Océans (MPO) détermine le statut
des différents secteurs coquilliers, qui sont « ouverts »,
« ouverts sous conditions » ou encore « fermés ».
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Différentes
espèces de
mollusques |
Dans les secteurs déclarés « ouverts » ou « ouverts
sous conditions », trois organismes sont chargés de la
surveillance des toxines marines dans les algues et les mollusques.
Le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation
(MAPAQ) est responsable de l'analyse toxicologique des mollusques
transformés dans les usines et les commerces localisés au Québec.
Pour sa part, l'Agence canadienne d'inspection des aliments
(ACIA) effectue la surveillance des mollusques toxiques dans
les eaux canadiennes et dans les usines de transformation dont
les produits sont vendus à lextérieur de la province.
Finalement, l'Institut Maurice-Lamontagne du MPO surveille,
grâce à un réseau de stations côtières, l'apparition des algues
toxiques dans les eaux du Saint-Laurent.
Lorsque
la présence de toxines marines est signalée par l'ACIA, le MPO
interdit alors immédiatement la récolte dans le ou les secteurs
coquilliers visés. Toutefois, malgré toutes les mesures prises
pour s'assurer de la salubrité des produits marins, des intoxications
reliées à la consommation de mollusques sont rapportées chaque
année.
(Description
du Programme de salubrité des eaux coquillières
Voir plus bas.)

Des
malaises inquiétants
Le type
d'intoxication le plus susceptible de survenir à la suite de
la consommation de mollusques impropres à la consommation récoltés
dans les secteurs coquilliers de l'estuaire et du golfe du Saint-Laurent
est l'intoxication paralysante par les mollusques (IPM). Elle
survient principalement chez les consommateurs de moules et
de myes. Les symptômes de l'IPM sont, entre autres, des picotements
ou encore des engourdissements sur plusieurs régions du corps,
des maux de tête, des nausées, des étourdissements, des troubles
de la coordination et une faiblesse généralisée. Dans les cas
d'intoxication fatale, la mort survient par insuffisance respiratoire.
Aucun
antidote ne permet de contrer les effets des toxines responsables
de cette intoxication. De plus, bien que l'IPM représente la
principale menace, d'autres types d'intoxication liés à la consommation
de mollusques du Saint-Laurent demeurent des menaces potentielles
pour la santé publique, notamment l'intoxication amnésique par
les mollusques (IAM) et l'intoxication diarrhéique par les mollusques
(IDM).
Depuis
1880, le Saint-Laurent est la région au Canada où l'on a répertorié
le plus grand nombre de cas d'IPM, soit plus de 215 cas,
qui ont causé le décès de 25 individus.

Une
participation plus grande du réseau de la santé
Une
étude menée par l'Unité de recherche en santé publique du CHUQ
en 1999 a démontré qu'à l'heure actuelle aucun outil ne permet
d'inventorier précisément et de caractériser tous les cas d'intoxication
par les toxines marines au Québec. En effet, même si les intoxications
liées à la consommation de mollusques sont incluses dans les
« maladies à déclaration obligatoire » par les médecins
et les laboratoires, il semble que plusieurs cas ne soient pas
rapportés. Ceci pourrait s'expliquer par un faible niveau de
détection de la maladie par les médecins, qui ne sont pas toujours
familiers avec les intoxications d'origine marine. Il est également
possible que les cas d'intoxication aux mollusques soient confondus
avec d'autres maladies.
Comme
l'explique M. Jean-François Duchesne, l'Unité de recherche en
santé publique estime qu'une participation accrue du réseau
de la santé au système de surveillance en place permettrait
d'améliorer la situation observée. « C'est dans ce but
que nous avons mis sur pied, en 1999, un programme de surveillance
visant à inventorier et caractériser les cas d'intoxication
aux toxines marines liés à la consommation de mollusques ou
autres organismes marins prélevés dans les régions de l'estuaire
et du golfe du Saint-Laurent. Grâce à ce programme de surveillance,
les médecins des unités d'urgence de dix-huit établissements
« sentinelles » ont participé à des sessions de sensibilisation
afin d'être mieux outillés pour reconnaître les cas d'intoxication.
Une surveillance active pourrait également permettre de détecter
plus précocément les effets liés à l'émergence d'une nouvelle
toxine encore inconnue. » Tous les autres hôpitaux
ainsi que les CLSC des régions visées par le projet (soit Québec,
le Bas-Saint-Laurent, la Côte-Nord et la Gaspésie) ont aussi
été invités à participer à ce programme de surveillance.
Ainsi,
les cas d'intoxication liés aux mollusques ou aux autres produits
marins seront rapidement rapportés aux directions régionales
de santé publique, qui pourront communiquer avec la personne
intoxiquée pour préciser plusieurs éléments, par exemple la
provenance des produits (site de cueillette ou commerce), le
nombre de personnes qui en ont consommés, etc. Ces renseignements
permettront notamment d'améliorer les interventions du MAPAQ
et de l'ACIA.
« Les
contacts qui s'établiront entre le réseau de la santé et les
différents organismes gouvernementaux responsables de la surveillance
des toxines marines permettront d'améliorer l'efficacité des
interventions en cas d'intoxication simple ou même d'épidémie,
et ainsi de réduire l'exposition de la population à la consommation
de mollusques ou d'autres produits marins contaminés »,
conclut M. Duchesne. « De plus, si nous devions constater
que les problèmes de santé publique liés à la consommation de
mollusques contaminés sont plus importants qu'on ne le croyait,
des mesures correctives pourraient être suggérées aux organismes
en charge de la surveillance environnementale des algues et
des mollusques toxiques. »

Pour
information :
Jean-François
Duchesne
Professionnel de recherche
Unite de recherche en santé publique du CHUQ
2400, rue d'Estimauville
Beauport (Qc) G1E 7G9
Téléphone : (418) 666-7000, poste 205
Télécopieur : (418) 666-2776
Courriel : JFDuchesne@cspq.qc.ca
Source :
DUCHESNE,
J.-F., T. TREMBLAY, M. RHAINDS et É. DEWAILLY. 1999.
Présence des toxines marines dans les estuaires et le golfe
du Saint-Laurent et implications pour la santé humaine. Unité
de recherche en santé publique du Centre hospitalier universitaire
de Québec, 41 p.
Renseignements
concernant les secteurs de cueillette de mollusques à Pêches
et Océans Canada :
De l'île
aux Coudres à Baie-Trinité :
1-800-463-8558
De Saint-Roch-des-Aulnaies
à Cap-Gaspé :
1-800-463-0607
De Baie-Trinité
à Blanc-Sablon :
1-800-463-1736
De Cap-Gaspé
à la rivière Matapédia :
1-800-463-4204
Les
Îles-de-la-Madeleine
1-418-986-3882
(On
identifie un secteur fermé à la cueillette de mollusques à l'aide
de cette affiche.)
(Retour)

Renseignements
concernant le Programme de salubrité des eaux coquillières à
Environnement Canada :
Jacques
Sénéchal
Direction de la protection de l'environnement
Protection du milieu aquatique
Centre Saint-Laurent
Téléphone : (514) 283-0190
Télécopieur : (514) 283-4423
Programme
de salubrité des eaux coquillières
Les
provinces côtières du Canada ont la chance de compter sur une
grande diversité de fruits de mer. Les sérieuses menaces que
font peser les diverses formes de contamination, y compris les
déchets humains et industriels, sur les ressources en mollusques
au Québec préoccupent les agences de protection de la santé
et de l'environnement, l'industrie de l'aquaculture des mollusques
et les consommateurs.
Par
le truchement du Programme de salubrité des eaux coquillières,
Environnement Canada est responsable de la surveillance de la
qualité bactériologique de l'eau des aires de croissance des
coquillages. Un niveau substantiel d'efforts est nécessaire
pour assurer l'évaluation adéquate des quelque 25 000 km
du littoral atlantique. Des relevés d'analyses bactériologiques
permettent de déterminer quelles eaux côtières conviennent le
mieux à la récolte de mollusques. Ces relevés se fondent sur
la qualité sanitaire et bactériologique de l'eau de la région.
Le Programme
de salubrité des eaux coquillières favorise aussi la prévention
de la pollution et la biorestauration des zones de croissance
des mollusques. En éliminant ou en contrôlant les sources de
pollution, il est possible de remettre en état l'industrie de
l'aquaculture des mollusques et l'environnement marin, et de
permettre aux agences de protection de la santé d'ouvrir un
plus grand nombre de secteurs côtiers à la récolte des mollusques.
(Retour)
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