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BULLETIN D'INFORMATION
SAINT-LAURENT VISION 2000

VOLUME 10 – NUMÉRO 9 – MARS 2000
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SOMMAIRE

Surveillance des cas d'intoxication liés à la consommation des mollusques du Saint-Laurent

Surveillance des cas d'intoxication liés à la consommation des mollusques du Saint-Laurent

Des indicateurs pour mieux connaître l'état du Saint-Laurent
Chronique ZIP
Nouvelles en bref

Le Fleuve est publié par l’ensemble des partenaires de Saint-Laurent Vision 2000.

Coordination :
Raymonde Goupil, Clément Dugas et Suzanne Bourget

Rédaction :
Gaétane Tardif, consultante
en environnement

Révision :
Josée Lecomte

Réalisation :
Françoise Lapointe, éditrice,
SLV 2000

Ce bulletin est  aussi disponible en format PDF.

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Surveillance des cas d'intoxication
liés à la consommation des
mollusques du Saint-Laurent

Photo: cueilleurs de mollusques

 

DIAPASON

La consommation des moules du Saint-Laurent : un réseau de surveillance bien établi en vue de réduire l’exposition de la population à ce produit.

Un programme de suivi de l’état de l’écosystème du Saint-Laurent est mis en place dans le cadre de la phase III de SLV 2000. Dix-huit indicateurs crédibles sur le plan scientifique sont retenus, dans un premier temps. Il s’agit de mesures ou de statistiques fournissant de l’information sur des caractéristiques du Saint-Laurent.

Le Comité ZIP Alma-Jonquière s’implique dans la restauration de la rivière Bédard, cours d’eau traversant la plaine de Saint-Bruno et d’Hébertville-Station. Une expertise mise à profit outre-mer.

La cueillette artisanale de mollusques dans l'estuaire et le golfe du Saint-Laurent est une activité traditionnelle pratiquée par plusieurs riverains. Malgré l'existence de programmes de surveillance des algues et des mollusques toxiques, des cas d'intoxication liés à la consommation des mollusques sont déclarés, chaque année, au Québec. Dans le cadre du domaine d'intervention Santé humaine de Saint-Laurent Vision 2000 (SLV 2000), l'Unité de recherche en santé publique du Centre hospitalier universitaire de Québec (CHUQ) a mis en œuvre un projet visant à favoriser la détection des cas d'intoxication et à diminuer les risques pour la santé des consommateurs de mollusques.

La cueillette des mollusques est pratiquée sur les deux rives du Saint-Laurent, à partir de l'île aux Coudres sur la rive nord et de Saint-Roch-des-Aulnaies sur la rive sud, ainsi que dans la baie des Chaleurs et aux îles de la Madeleine (carte PDF). Cette activité n'étant pas réglementée, il est difficile d'en tracer un portrait réel et de préciser, par exemple, le nombre de cueilleurs ou les secteurs les plus fréquentés. Cependant, pour la seule région de Baie-Comeau, on estime que plus de un millier de personnes s'adonneraient à la cueillette artisanale des mollusques.

(Voir résumé du rapport (format PDF) Analyse du risque chimique et microbiologique lié à la consommation de mollusques cueillis de façon artisanale dans la ZIP de Baie-Comeau.)

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La cueillette des mollusques ne se pratique pas n'importe où!

Les secteurs où les cueilleurs peuvent récolter des mollusques propres à la consommation sont aujourd'hui devenus très rares. Par exemple, à l'été 1999, la cueillette a été interdite sur 449 des quelque 525 secteurs coquilliers recensés au Québec, tandis que cinquante-six secteurs étaient classés ouverts et que vingt autres l'étaient sous certaines conditions.

(Informations concernant les secteurs de cueillette de mollusques.) Hyperlien conduisant au bas de la page. Informations de Pêches et Océans Canada.

Cette situation est en grande partie attribuable à la contamination bactériologique des eaux de l'estuaire et du golfe. Elle résulte aussi de la présence d'algues microscopiques toxiques qui sont en émergence, en plusieurs endroits du Saint-Laurent, entre juin et septembre. Ces toxines sont filtrées et accumulées par les mollusques, ce qui a pour effet de rendre ceux-ci impropres à la consommation.

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Marée rouge dans le Saint-Laurent

Photo: Alexandrium tamarense, une algue microscopique toxique

Alexandrium tamarense, une algue microscopique toxique.
Occasionnellement, les concentrations d’algues toxiques deviennent assez élevées pour donner une coloration rougeâtre à l’eau.

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Un réseau de surveillance bien établi

Affiche d'interdiction de cueillir des mollusquesEnvironnement Canada est responsable de l'évaluation de la qualité bactériologique de l'eau du Saint-Laurent. C'est d'ailleurs suite à ses recommandations que le ministère des Pêches et Océans (MPO) détermine le statut des différents secteurs coquilliers, qui sont « ouverts », « ouverts sous conditions » ou encore « fermés ».

Photo: Différentes espèces de Photo: Différentes espèces de
Photo: Différentes espèces de Différentes espèces de
mollusques

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Dans les secteurs déclarés « ouverts » ou « ouverts sous conditions », trois organismes sont chargés de la surveillance des toxines marines dans les algues et les mollusques. Le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation (MAPAQ) est responsable de l'analyse toxicologique des mollusques transformés dans les usines et les commerces localisés au Québec. Pour sa part, l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) effectue la surveillance des mollusques toxiques dans les eaux canadiennes et dans les usines de transformation dont les produits sont vendus à l’extérieur de la province. Finalement, l'Institut Maurice-Lamontagne du MPO surveille, grâce à un réseau de stations côtières, l'apparition des algues toxiques dans les eaux du Saint-Laurent.

Lorsque la présence de toxines marines est signalée par l'ACIA, le MPO interdit alors immédiatement la récolte dans le ou les secteurs coquilliers visés. Toutefois, malgré toutes les mesures prises pour s'assurer de la salubrité des produits marins, des intoxications reliées à la consommation de mollusques sont rapportées chaque année.

(Description du Programme de salubrité des eaux coquillières — Voir plus bas.)

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Des malaises inquiétants…

Le type d'intoxication le plus susceptible de survenir à la suite de la consommation de mollusques impropres à la consommation récoltés dans les secteurs coquilliers de l'estuaire et du golfe du Saint-Laurent est l'intoxication paralysante par les mollusques (IPM). Elle survient principalement chez les consommateurs de moules et de myes. Les symptômes de l'IPM sont, entre autres, des picotements ou encore des engourdissements sur plusieurs régions du corps, des maux de tête, des nausées, des étourdissements, des troubles de la coordination et une faiblesse généralisée. Dans les cas d'intoxication fatale, la mort survient par insuffisance respiratoire.

Aucun antidote ne permet de contrer les effets des toxines responsables de cette intoxication. De plus, bien que l'IPM représente la principale menace, d'autres types d'intoxication liés à la consommation de mollusques du Saint-Laurent demeurent des menaces potentielles pour la santé publique, notamment l'intoxication amnésique par les mollusques (IAM) et l'intoxication diarrhéique par les mollusques (IDM).

Depuis 1880, le Saint-Laurent est la région au Canada où l'on a répertorié le plus grand nombre de cas d'IPM, soit plus de 215 cas, qui ont causé le décès de 25 individus.

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Une participation plus grande du réseau de la santé

Une étude menée par l'Unité de recherche en santé publique du CHUQ en 1999 a démontré qu'à l'heure actuelle aucun outil ne permet d'inventorier précisément et de caractériser tous les cas d'intoxication par les toxines marines au Québec. En effet, même si les intoxications liées à la consommation de mollusques sont incluses dans les « maladies à déclaration obligatoire » par les médecins et les laboratoires, il semble que plusieurs cas ne soient pas rapportés. Ceci pourrait s'expliquer par un faible niveau de détection de la maladie par les médecins, qui ne sont pas toujours familiers avec les intoxications d'origine marine. Il est également possible que les cas d'intoxication aux mollusques soient confondus avec d'autres maladies.

Comme l'explique M. Jean-François Duchesne, l'Unité de recherche en santé publique estime qu'une participation accrue du réseau de la santé au système de surveillance en place permettrait d'améliorer la situation observée. « C'est dans ce but que nous avons mis sur pied, en 1999, un programme de surveillance visant à inventorier et caractériser les cas d'intoxication aux toxines marines liés à la consommation de mollusques ou autres organismes marins prélevés dans les régions de l'estuaire et du golfe du Saint-Laurent. Grâce à ce programme de surveillance, les médecins des unités d'urgence de dix-huit établissements « sentinelles » ont participé à des sessions de sensibilisation afin d'être mieux outillés pour reconnaître les cas d'intoxication. Une surveillance active pourrait également permettre de détecter plus précocément les effets liés à l'émergence d'une nouvelle toxine encore inconnue. » Tous les autres hôpitaux ainsi que les CLSC des régions visées par le projet (soit Québec, le Bas-Saint-Laurent, la Côte-Nord et la Gaspésie) ont aussi été invités à participer à ce programme de surveillance.

Ainsi, les cas d'intoxication liés aux mollusques ou aux autres produits marins seront rapidement rapportés aux directions régionales de santé publique, qui pourront communiquer avec la personne intoxiquée pour préciser plusieurs éléments, par exemple la provenance des produits (site de cueillette ou commerce), le nombre de personnes qui en ont consommés, etc. Ces renseignements permettront notamment d'améliorer les interventions du MAPAQ et de l'ACIA.

« Les contacts qui s'établiront entre le réseau de la santé et les différents organismes gouvernementaux responsables de la surveillance des toxines marines permettront d'améliorer l'efficacité des interventions en cas d'intoxication simple ou même d'épidémie, et ainsi de réduire l'exposition de la population à la consommation de mollusques ou d'autres produits marins contaminés », conclut M. Duchesne. « De plus, si nous devions constater que les problèmes de santé publique liés à la consommation de mollusques contaminés sont plus importants qu'on ne le croyait, des mesures correctives pourraient être suggérées aux organismes en charge de la surveillance environnementale des algues et des mollusques toxiques. »

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Pour information :

Jean-François Duchesne
Professionnel de recherche
Unite de recherche en santé publique du CHUQ
2400, rue d'Estimauville
Beauport (Qc) G1E 7G9
Téléphone : (418) 666-7000, poste 205
Télécopieur : (418) 666-2776
Courriel : JFDuchesne@cspq.qc.ca

Source :

DUCHESNE, J.-F., T. TREMBLAY, M. RHAINDS et É. DEWAILLY. 1999. Présence des toxines marines dans les estuaires et le golfe du Saint-Laurent et implications pour la santé humaine. Unité de recherche en santé publique du Centre hospitalier universitaire de Québec, 41 p.

Renseignements concernant les secteurs de cueillette de mollusques à Pêches et Océans Canada :

De l'île aux Coudres à Baie-Trinité :
1-800-463-8558

De Saint-Roch-des-Aulnaies à Cap-Gaspé :
1-800-463-0607

De Baie-Trinité à Blanc-Sablon :
1-800-463-1736

De Cap-Gaspé à la rivière Matapédia :
1-800-463-4204

Les Îles-de-la-Madeleine
1-418-986-3882

(On identifie un secteur fermé à la cueillette de mollusques à l'aide de cette affiche.)

(Retour)

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Renseignements concernant le Programme de salubrité des eaux coquillières à Environnement Canada :

Jacques Sénéchal
Direction de la protection de l'environnement
Protection du milieu aquatique
Centre Saint-Laurent
Téléphone : (514) 283-0190
Télécopieur : (514) 283-4423

Programme de salubrité des eaux coquillières

Les provinces côtières du Canada ont la chance de compter sur une grande diversité de fruits de mer. Les sérieuses menaces que font peser les diverses formes de contamination, y compris les déchets humains et industriels, sur les ressources en mollusques au Québec préoccupent les agences de protection de la santé et de l'environnement, l'industrie de l'aquaculture des mollusques et les consommateurs.

Par le truchement du Programme de salubrité des eaux coquillières, Environnement Canada est responsable de la surveillance de la qualité bactériologique de l'eau des aires de croissance des coquillages. Un niveau substantiel d'efforts est nécessaire pour assurer l'évaluation adéquate des quelque 25 000 km du littoral atlantique. Des relevés d'analyses bactériologiques permettent de déterminer quelles eaux côtières conviennent le mieux à la récolte de mollusques. Ces relevés se fondent sur la qualité sanitaire et bactériologique de l'eau de la région.

Le Programme de salubrité des eaux coquillières favorise aussi la prévention de la pollution et la biorestauration des zones de croissance des mollusques. En éliminant ou en contrôlant les sources de pollution, il est possible de remettre en état l'industrie de l'aquaculture des mollusques et l'environnement marin, et de permettre aux agences de protection de la santé d'ouvrir un plus grand nombre de secteurs côtiers à la récolte des mollusques. (Retour)

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Nouvelles en bref
Cette chronique vise à diffuser de brèves nouvelles d'actualités concernant des projets ou des activités qui se déroulent dans le cadre de la mise en oeuvre de Saint-Laurent Vision 2000.
puce Une invitation à Québec en mars 2000

Les 13, 14 et 15 mars prochains, se tiendra, au Centre des congrès de Québec, le 3congrès des responsables locaux de santé des Amériques. Tenu une première fois en 1995, au Brésil et une deuxième fois, en 1997, à Cuba, l’édition de cette année a pour thème principal « Santé et qualité de vie : nos municipalités à l’heure de la mondialisation ».

Ce congrès intéressera particulièrement ceux et celles qui oeuvrent dans les services sociaux et de santé, notamment en santé publique, mais aussi en environnement et aménagement du territoire. Il concerne également les élus et les fonctionnaires municipaux, les organisations communautaires et les chercheurs dans ces domaines. SLV 2000 sera présent !

Pour en savoir plus, communiquez avec le Secrétariat du congrès, au numéro de téléphone (514) 395-1808 ou par courriel à l’adresse suivante : info@opus3.com

Vous pouvez également consulter le site web du Congrès : http://www.msss.gouv.qc.ca/congres_quebec

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